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Delirium coli

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  • Delirium coli

    DELIRIUM COLI

    Il fait beau, il fait frais !
    Alors pourquoi pas une potée ?


    L'idée est partagée

    Et les, nous - voilà conviés,

    Quelques jours après.

    La présentation m'est confiée.

    .......

    Deux mots avant d'attaquer :

    J’aurais pu vous faire le coup du benedicite

    Mais vous me connaissez,

    Mécréant, j’en ai rien à péter.

    J’ai mieux ! Avec un dieu grec, une complicité.

    Dionysos, vous voyez, vous vous le rappelez ?

    ......

    RESUME DES EPISODES PASSES

    Fille du roi de Thèbes, la maîtresse de Zeus était Sémélé,

    Ce qui me fait dire :

    « Zeus aimait Sémélé, et Sémélé devait aimer Zeus

    Puisque ce dernier dans Sémélé s’est mêlé.

    Sémélé aimait ces mêlées

    Et les amants ont dû s’emmêler

    Et nul n’a dû s’en mêler.

    Leur sang même s’est entremêlé

    Et ce qui est arrivé, on le sait ! »

    Vous suivez ?

    Mais à mes moutons grecques je m’empresse d’aller

    Et reviens à Sémélé :

    Celle-ci, par la jalousie d’Héra, excitée,

    Veut contempler son aimé

    (dont elle est enceinte) dans toute sa majesté.

    Zeus ne peut s’y soustraire car par un serment, lié.

    Sémélé, simple mortelle, décède foudroyée.

    Zeus tire alors son fils du ventre de sa mère et,

    S’entaillant la cuisse, y coud l’enfant sans sourciller

    Pour mener sa gestation à terme, ce qui fut fait.

    - Origine de l’expression « de la cuisse de Jupiter être né »-

    C’est ainsi que naquit Dionysos, notre divinité.

    Je vais donc implorer ce DIEU du vin et des excès,

    Ceux-là même pour lesquels nous sommes invités

    « Oh toi Dieu de l’Olympe, Dionysos !

    ( je fais un aparté –

    De l’Olympe, en fait, était absent Dionysos.

    C’était un dieu itinérant, roulant sa bosse

    De Phrygie jusques en Ecosse

    Roulant carrosse et champion de vélo cross.

    Un colosse, soit, mais jamais féroce

    Vigneron précoce, il en fit un sacerdoce.

    Faisait toujours la fête avec Eros

    Mais perdit son négoce d’une crise de tétanos

    Se brisant les os

    En se prenant les pieds dans un tapis brosse

    Un soir de noce avec son boss

    – je ferme les guillemets)




    « Oh toi ! Dieu de l’Olympe ! qui permet à notre groupe

    De jouir de cette vraie potée de choux,

    Des souhaits je te propose, que personne ne redoute

    Afin que je l’avoue, nous déjeunions sans remous !

    Fait mon Dieu ! que le porc soit un bijou !

    Qu’il soit Mandchou ou plutôt cantalou !

    Qu’en tous les cas il soit réussi, franc à la coupe !

    Et que tous les légumes entourent bien sa croupe.

    Que les cotillons et la poitrine salée

    Le jambonneau et la saucisse tranchés

    Soient cuits à souhaits !

    Que le chou, Dieu, n’ait pas de petits cailloux !

    Que bien préparé, sans rajout, il ne soit caoutchouc

    Et que présenté dans une belle soucoupe

    Il ne nous oblige à quitter la chaloupe.

    Ce serait étonnant, car nous le savons issu d’un fameux trou,

    Du jardin du quartier où il fut gâté comme du pilou,

    Et plus d’une fois adoré à genou.

    Dire le contraire serait s’exposer à ton courroux.

    Cher Dionysos, n’écoute pas autour de la table ces zouzous.

    Ils te diront que ce chou a attrapé le mildiou

    Que l'un voulait le garder pour son barbecue

    Avant de se faire prendre par les gabelous.

    Ou qu’à la dernière lune il eut la visite du loup-garou.

    Que nenni, pour anéantir ces thèses qui s’échouent,

    Un autre est prêt à manger un chabichou.

    Avec moi, Dieu du plaisir - avec fierté,

    Remercie par avance le talent de nos cuisiniers

    Qui auront réussi si bien cette potée.

    Ils s’en sont (et Dalila) bien occupé,

    C’est facile à prouver.

    La potée a dû bien compoter

    Pendant que l'un devant son gaz a devisé,

    Gageons que l'autre a dû la surveiller

    Car un travail bien fait

    Demande du respect.

    Enfin mon dieu, qui préside à ce repas léger

    Qui annonce des périodes difficiles et enneigées,

    Fait que, pour toute notre petite troupe,

    Suivent les fromages, les desserts et une coupe,

    Que les vins nous échauffent la poupe,

    Que l’appétit à tous ne se déroute,

    Et que nous ayons encore et souvent

    Le bonheur de se retrouver autour d’une soupe.

    Dieu du plaisir, de la jouissance, de la liberté

    Je terminerai par cette phrase de Bernard Grasset

    « A la possession des biens le bonheur n'est pas attaché

    Mais à la faculté d’en jouir, il est lié. »

    C’est bien pensé !

    En clair : demain dans la fosse commune sera oubliée

    Notre si belle potée.

    Ce qui compte aujourd’hui c’est d’en profiter

    De s’en mettre plein le lampion, de rigoler.

    A ta santé Dionysos,

    Et à celle de nos vieux os !







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